Auguste • le très bon vivant

Poussez avec nous la porte du restaurant Auguste. Un coup d’oeil à l’ardoise. A coup sûr, la seule lecture de la carte d’inspiration française réveille le souvenir de ce p’tit plat « tradi » dont seule mère-grand avait le secret. Bonne nouvelle : Auguste et son chef Marco perpétuent ce plaisir de la table, en bons disciplines rabelaisiens. Une adresse du centre-ville à ne pas louper pour les inconditionnels du « manger bon ».

Chez Auguste, comme un savoureux goût d’antan

Il règne chez Auguste une ambiance franche, un truc « vrai », si on devait le dire simplement. Autour d’un tonneau, assis paisiblement en terrasse ensoleillée ou profitant de la grande verrière, les habitués ne manquent jamais à l’appel de ce bar-restaurant, qui est l’un des plus animés de la rue de Genève. Surtout les jours de marché.

Ce qui fait l’unanimité, outre son look soigneusement rétro travaillé par Guillaume, l’un des trois gérants, c’est sans doute la camaraderie qui y règne. Auguste n’est pas qu’un mirage du passé, ce lieu géré par Gary côté bar respire une certaine joie de vivre. Alors, oui, Auguste cultive une ambiance « à l’ancienne », même une certaine philosophie rabelaisienne décomplexée.

Quelques formules affûtées habillent les murs mêlés de pierres et de briques : « Avec le beurre, tout est meilleur », « Suzer n’est pas tromper » pour réhabiliter cet apéritif en plein revival … Maintenant que nous sommes débarrassés des masques (espérons pour toujours!), difficile de dissimuler un p’tit sourire complice.

Trêve de bavarderie, on passe à table ? (On nous signale que le chef Marco nous attend en cuisine).

Auguste ou la cuisine très généreuse du chef Marco

Chez Auguste, on est à la table du chef Marco. Son leitmotiv : la générosité. Et il ne fait pas semblant !
Toutes les assiettes sont certes servies avec « générosité » donc, comme il aime le souligner. Pour lui, on ne vient pas au resto, si on n’a pas faim !

Ici pas de gaspillage, on respecte le produit, on rivalise d’idées pour se renouveler. C’est cette carte blanche donnée à sa créativité qui anime le chef. Alors, la carte bouge. Pour son plus grand plaisir et le nôtre par la même occasion.

Lui qui vient du petit Etat de Saint-Marin adore concocter de grands classiques de la cuisine française, sans pour autant négliger aussi quelques incontournables italiens, comme son Risotto ô combien « cremoso » ou ses inimitables gnocchis !

Derrière ses airs sans chichi, le chef s’applique. Avant d’envoyer, il dispose quelques fleurs pour parfaire la présentation. Une once de fantaisie qui fait la différence.

Accord mets et vins, l’affaire de Gary

Bon, c’est pas le tout, qu’est-ce qu’on boit avec tout ça ? Demandez l’avis de Gary. Lui est un grand amoureux des vins. A ses heures perdues, il part à la rencontre de vignerons. Sans dénigrer les grandes maisons, lui, qui sait ce que le travail de la vigne exige, adore dénicher des petites pépites méconnues, et les proposer à sa carte. Et puis, il s’attache à proposer un vin bon rapport qualité-prix répondant du nom « La Cuvée d’Auguste ».

Pour accompagner l‘apéritif autour d’une belle planche de fromages bien de chez nous et d’un fabuleux jambon Ïbaima de Louis Ospital, on se laisse conseiller contre toute attente un verre d’une puissante Mondeuse noire (2017) du domaine Saint-Romain.

Et si on se laissait tenter par une entrée ? Là encore, on joue la carte locale avec quelques « croquilles » d’escargots élevés à quelques kilomètres à Entrelacs (Albens). Comprenez par croquille que la coquille se mange ! Mais voilà que le chef envoie quelques délicieuses fleurs de courgette, façon beignet. Impossible d’y renoncer.

L’amour du terroir, le plaisir de servir le terroir

Allez, finie la récréation, on passe aux choses sérieuses. On hésite avec les gnocchis de Marco. Mais le chef nous fait part de sa suggestion : le couston de porc, confit à la graisse de canard, servi en cassolette pour deux personnes. On frôle le reportage de Gueuleton là les gars ! D’emblée, arrive à table un pot de moutarde à l’ancienne de chez Fallot, l’une des dernières maisons mourtadières de Bourgogne.

Franchement, avouez qu’on ne perpétue pas cet amour du terroir partout. Et côté vins, Gary monte la gamme avec un Saint-Joseph du domaine Christophe Semaska. Là encore, pour Gary, ce qui lui importe, c’est le prestige du vin autant qu’une rencontre surprenante. Laissez le vous raconter.

Il vous reste bien une place pour le dessert ? Indécises, nous laissons le choix au chef. Voilà que s’invitent à la table un Panettone façon pain perdu, travaillé en subtilité pour faire ressortir une note fruitée, et une copieuse crème brulée sous nos yeux à la Chartreuse verte. Le spectacle est au rendez-vous. Encore une belle manière de revisiter les grands classiques. Bravo Maestro !

Au fait, un p’tit « digeo » avant de partir ?

Merci à Gary, Guillaume et Marco de nous avoir invitées à déguster lors d’une soirée de février mets et vins à la table d’Auguste.
Reportage photo signé Riverside Photography.

Restuarant Auguste
390 rue de Genève
73 100 Aix-les-Bains

Réservations au 09 83 32 56 75

Publié par Karen

Made in Aix